1 décembre 2017

Et toi, t'as écouté quoi en 2017 ?



Et voilà, on y est, 50 disques aimés cette année. 50 disques partagés sur ce blog. A votre tour de me dire vos favoris - en commentaire de ce post, sur Facebook, Twitter, par mail ou autres -, en attendant les sempiternels bilans... Et puis, bonne écoute ou bonne réécoute !

Piano Magic - Closure
The Flaming Lips - Oczy Mldy
Octave Noire - Néon
Pack 3 Eps : Orso Jesenska - Les variations d'ombre *** Matthieu Malon - Peu d'ombre près des arbres *** Erik Arnaud - Golden Homme
Tristesse Contemporaine - Start and stop
The Bats - The Deep Set
Xiu Xiu - Forget
Albin de la Simone - L'un de nous
Grandaddy - Last Place
Spiral Stairs - Doris & the Daggers
The Magnetic Fields - 50 Songs Memoir
Timber Timbre - Sincerely Future Pollution 
Future Islands - The Far Field
Foxygen - Hang
Woods - Love is Love
Temples - Volcano
Feist - Pleasure
The New Year - Snow
Klô Pelgag - L'étoile thoracique
Babx - Ascensions 
Alt-J - Relaxer
Flotation Toy Warning - The Machine That Made Us
Kevin Morby - City Music
Peter Perrett - How The West Was Won
Public Service Broadcasting - Every Valley
Broken Social Scene - Hug of Thunder
François and the Atlas Mountains - Solide Mirage
Grizzly Bear - Painted Ruins 
Fionn Regan - The Meeting of the waters 
Deerhoof - Mountain Moves 
LCD Soundsystem - American dream 
Ariel Pink - Dedicated to Bobby Jameson 
Chad VanGaalen - Light Information 
Luna - A Sentimental Education / A Place of Greater Safety 
King Gizzard & The Lizard Wizard - Flying Microtonal Banana 
Ghostpoet - Dark Days + Canapé 
Destroyer - Ken 
The Luxembourg Signal - Blue Field 
Baxter Dury - Prince of Tears 
John Maus - Screen Memories 
Orval Carlos Sibelius - Ordre et Progrès 
Spinning Coin - Permo 
Alex Cameron - Forced Witness 
Daniele Luppi & Parquet Courts - Milano 
Sleaford Mods - English Tapas 
Snapped Ankles - Come Play The Trees 
Gu's Musics - Happening

29 novembre 2017

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettre en avant, il en délaisse un peu la musique, l'accompagnement. Pour ce nouveau disque, il appelle donc en plus Christian Quermalet, guitariste rock breton à la solide réputation de studio, il a notamment officié au sein des regrettés Married Monk. "Happening" gagne alors en cohérence et en subtilité.
Tout est en place, presque parfait et monte même en puissance au fil des morceaux pour finir par le magnifique "Sans fin rattrapé". Reste que sa musique est toujours injustement négligée (rien dans les Inrocks, rien dans Magic), à croire qu'on lui en demande plus qu'aux autres. Il ne manque pourtant presque plus rien pour sauter du banc des remplaçants directement aux plus hautes marches. La voix peut-être ? Un duo ? En attendant, "Happening" est assurément un des meilleurs disques français de l'année. Et ce n'est déjà pas rien. Alors, si vous pouvez faire passer l'info, merci pour lui.

27 novembre 2017

Snapped Ankles - Come Play The Trees

Depuis plusieurs décennies, les Transmusicales restent ce festival incroyablement défricheur de talents venant de tous horizons et tous continents avec comme leitmotiv que cela soit nouveau et original. Chaque année ou presque, c'est la même circonspection au moment de l'annonce de la programmation : un étonnant sentiment contradictoire, celui qui me dit que décidément je n'y connais rien en terme de nouveaux sons et que je me cantonne toujours désespérément au bon vieux rock indépendant puis celui plus positif qui me dit que chouette, j'ai plein de découvertes à faire. Bien sûr dans le lot, il y a plein de choses assez éloignées de mes goûts musicaux et dont je reste obstinément allergique. Mais il y a aussi toujours des trucs qui me plaisent comme les anglais de Snapped Ankles. Le groupe pratique une sorte de musique hybride, mélange de post-punk, d'électro et de krautrock. Le disque, à l'image de ceux de Animal Collective, peut sembler de prime abord assez indigeste : trop de sons et une énergie débridée sans véritable pause.
En plus, histoire de perdre définitivement les plus récalcitrants et les anti-hipsters, les Snapped Ankles sont profondément écolos et le montrent jusque dans leur tenue scénique très nature et sauvage. "True Ecology" nous préviennent-ils sur un des titres les plus réussis. On imagine cette musique particulièrement efficace en live et on envie une fois de plus les Rennais qui pourront les voir parmi plein d'autres sons passionnants. "Come Play The Trees" est assurément un des disques les plus euphorisants de l'année.

23 novembre 2017

Sleaford Mods - English Tapas

La fin d'année approche et il m'était impossible de ne pas parler des Sleaford Mods. Parce qu'ils auront été pour moi une révélation. Oui, je sais, j'ai beaucoup de retard car c'est déjà leur neuvième disque. En tout cas, c'est le premier sorti sur un label connu, le mythique Rough Trade. Ces deux-la ont inventé une musique à nulle autre pareille et même si leurs albums se ressemblent tous, comme leurs chansons, ils ne sont pas si nombreux les groupes avec un son si immédiatement identifiable. Plus que le son cheap bricolé sur PC portable par Andrew Fearn, il y a l'incroyable gouaille de Jason Williamson, que même beaucoup d'anglophones n'arrivent pas à suivre avec son accent de Nottingham à couper au couteau. Il y est question des classes populaires, de chômage, de pubs évidemment et puis de gosses. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Williamson en a deux et l'excellent documentaire "Bunch of Kunst" le montre même comme un papa poule.
En concert, avec deux fois rien, le groupe parvient régulièrement à emporter la mise, même face à un public souvent circonspect au moment des premières éructations. On rigole d'abord un bon coup, devant ce qui ressemble à une caricature de prolos anglais puis on finit par se laisser happer par la musique, l'énergie et cet humour typiquement british où le second degré n'est jamais très loin. Sleaford Mods, ce sont les punks de l'époque : pas vraiment dans ni en dehors du système. Leur originalité et le fait de persister dans cette voie a fini par attiser la curiosité des médias "mainstream" et le public est en train de suivre petit à petit. En attendant, les gars continuent à faire à peu près ce qu'ils veulent, sans se prendre la tête. Parce qu'ils savent d'où ils viennent et que tôt ou tard, ils y retourneront :  "No future".

21 novembre 2017

Daniele Luppi & Parquet Courts - Milano

Voilà une drôle d'association : Daniele Luppi un producteur et compositeur italien, Parquet Courts, le groupe de rock indépendant américain tendance - j'ai déjà dit combien je les trouvais un poil surestimés - et la divinement barrée Karen O, chanteuse des Yeah Yeah Yeahs qui seraient en train de se reformer. Le résultat est assez étonnant. C'est pour les textes, l'Italie des années 80, de la mode avec "Milano" comme centre névralgique, de la variété produite au kilomètre - oui, tous ces groupes numéros uns au top 50 étaient pour beaucoup des formations éphémères en provenance d'Italie - qui rencontre pour la musique, le New-York des années 60-70. Andrew Savage, le leader des Parquet Courts, sait chanter d'une voix traînante comme le faisait un certain Lou Reed. La mélodie sur le premier titre n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle de "Sunday Morning". 
Par contre, Karen O apporte un côté moins convenu, une folie bienvenue. "Talisa" est une petite bombe dans son genre. Les titres alternent ainsi les morceaux chantés par la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs et ceux par le chanteur des Parquet Courts, avec au beau milieu un titre en commun, "Pretty Prizes", pas forcément le plus réussi. Mais on a quand même droit à un bel exercice de style, plutôt convaincant dans l'ensemble.