4 août 2017

François and the Atlas Mountains - Solide Mirage

De retour de quinze jours de vacances, je vais essayer de m'atteler au mois d'août à rattraper mon retard de nouveautés, de vieilleries - ben oui, l'été, c'est aussi l'occasion de faire une pause salutaire dans l'actualité musicale et de découvrir ou redécouvrir des artistes injustement délaissés - de livres, de concerts. Bref, en attendant la vraie rentrée, c'est encore l'heure de se faire plaisir, de prendre son temps aussi. Pour le dernier disque de François and The Atlas Mountains, j'étais négligemment passé à côté, à cause d'une écoute distraite et des habituelles voix discordantes sur les réseaux sociaux. Ben oui, il m'arrive encore de me laisser influencé. Je suis retombé dessus par hasard le temps d'une ballade estivale dans la capitale. Passant près de l'Hôtel de Ville de Paris avec les enfants, nous avons constaté qu'il y avait là le Festival Fnac Live et que François and The Atlas Mountains y jouaient gratuitement dans un quart d'heure. Comme les loulous connaissent et aiment bien "Soyons les plus beaux" où "La vérité", on s'est dit que ça pourrait être sympa. Et puis, c'était aussi l'occasion de rentrer dans les salons de la mairie et de voir pour la première fois le groupe en concert. Ce fut effectivement très plaisant, même si trop court d'autant qu'en raison de problèmes techniques, le concert commença avec 10 minutes de retard. Le groupe ne joua aussi quasiment que le dernier disque que je ne connaissais pas bien. Malgré cela, on passa un très bon moment. François and The Atlas Mountains sera à voir dans des circonstances plus favorables. 
"Solide mirage", leur dernier album, assoit en tout cas définitivement la formation, imposant son style à nul autre pareil. Une pop bien de chez nous qui emprunte à Daho, Dominique A mais aussi à des groupes américains comme Grizzly Bear ou Animal Collective jusqu'au Mali de Amadou et Mariam. Si le début est impeccable, il y a bien quelques titres plus dispensables (notamment "Bête morcelée") en cours de route. Pas suffisant pour ne pas rêver avec eux du "Perpétuel été".



14 juillet 2017

Broken Social Scene - Hug of Thunder

Les albums de Broken Social Scène ont toujours ressemblé à des compilations. Ce nouveau disque n'échappe pas à la règle. Il faut dire que le collectif canadien est imposant et arrive à faire rentrer beaucoup de sensibilités différentes dans sa musique. Cette fusion est une fois de plus possible grâce au talent des deux leaders Brendan Canning et Kevin Drew. Avec Arcade Fire, ils ont défini les contours d'un rock épique, beau mélange de mélodies et de rythmiques dévastatrices. Un son qui reste associé aux années 2000, le tout agrémenté d'une puissance de feu scénique ahurissante. Il faut avoir assister à un concert de Broken Social Scène pour se rendre compte de l'énergie folle qui se dégage de leur musique. Les nouveaux titres de "Hug of Thunder" devraient assurer encore de belles prestations live. Difficile de dénicher ici une quelconque faiblesse. 
Après quelques aternoiments et des albums où le groupe essayait autre chose à défaut de toujours réussir , les Canadiens reviennent, à l'image de Feist, membre éminent du collectif, en pleine forme, au niveau de "You Forgot It In People" et du formidable album éponyme de 2005 - mon préféré. Broken Social Scene se concentrent sur ce qu'ils savent le mieux faire pour notre plus grand bien. Beaucoup de bisous. Des bisous du tonnerre... Oui, c'est bien ça.


11 juillet 2017

Public Service Broadcasting - Every Valley

Ce groupe est devenu en quelques années, deux disques, surtout le premier, le formidable "Inform - Educate - Entertain" et une poignée de concerts mémorables, un de mes préférés. Alors quand ils sortent un nouvel album, c'est forcément un événement. "Every Valley" qui vient trouver sa thématique dans la fin de l'industrie du charbon au Pays de Galles, est une fois de plus une réussite, plus encore que le décevant "The Race For The Space" sur le sujet trop évident et un peu éculé de la conquête de l'espace. On nage bien sûr comme d'habitude entre les extraits de films et la musique post-rock voire krautrock. Pour faire plus local, le groupe a invité pléthore de gloires galloises, notamment le leader des Manic Street Preachers. Mais la musique de Public Service Broadcasting est encore plus belle lorsqu'elle se passe de chant. Seule, Tracyanne Campell, la chanteuse des écossais de Camera Obscura s'en tire admirablement sur "Progress", parce qu'elle épouse la mélodie. Les deux titres "All out" aux guitares un peu bourrines et "Turn no more" avec la voix lourdaude de Bradfield font un peu tâche au final, par leur manque de finesse. Dommage, car mis à part ça, c'est un sans faute, jusqu'au clin d'œil à Bowie sur "You+Me" où l'intro est volontairement pompée sur celle de "Five Years". On entend aussi sur ce même titre, du gallois ainsi que pour la première fois la voix de Willgoose. 
Pas sûr qu'on l'y reprendra de sitôt lui qui préfère se cacher derrière sa musique et l'histoire qu'il veut nous raconter. Public Service Broadcasting réussit encore l'exploit d'allier les deux de manière intelligente et réfléchie pour en faire un tout cohérent, riche et documenté. Toujours aussi passionnant.

4 juillet 2017

40 ans en chansons

ça y est, j'y suis. Putain 40, j'ai dû mal y croire. Alors voilà, pour fêter (oublier?) ça, j'ai sélectionné 40 chansons qui me résument. 40, c'est évidemment beaucoup trop peu. Il en manque plein. Des milliers de chansons m'ont suivi au fil des années. Il a fallu faire des choix. Ce sont ceux du moment. Qui sait si ce seront encore ceux de demain ? 40 chansons pour une soirée rêvée. Des chansons tristes, joyeuses, mélodiques, qui donnent envie de danser ou pas. Parce que la musique n'est pas uniquement là quand tout va bien. Des chansons qui racontent la vie, ma vie. 40 chansons et au moins autant de souvenirs associés. Histoire d'arrêter l'horloge, ne serait-ce que le temps de ces 40 chansons.

1- Vashti Bunyan - Swallow Song (1970)
Parce que cette femme a la classe absolue.
2- Lou Reed - Perfect Day (1972)
Parce que passer "Perfect Day" à une soirée d'anniversaire a quelque chose de profondément masochiste.
3- Brian Eno - On Some Faraway Beach (1974)
Parce que c'est une des meilleures chansons de tous les temps (de la mort qui tue) et que très peu de gens le savent. C'est pas moi qui le dit, c'est maman et comme maman a toujours raison...
4- David Bowie - Sound and Vision (1977)
Parce que maman et moi. Parce que Bowie. Le son et l'image. Et tout le reste.
5- Kraftwerk - The Robots (1978)
Parce qu'à part Daft Punk, Gorillaz et The Robots, le reste, c'est "du pipi de chat". C'est pas moi qui le dit, c'est ma Lulu...
6- The B52's - Rock Lobster (1978)
Parce que ce sont les seuls à vouloir danser le rock avec des homards et parce que quelque chose me dit que je risque d'en manger bientôt.
7- The Feelies - Raised Eyebrows (1980)
Parce que leur concert à Central Park l'an passé est un souvenir inoubliable.
8- Joy Division - Love Will Tear Us Apart (1980)
Parce que passer "Love Will Tear Us Apart" en soirée a quelque chose de profondément pernicieux.
9- New Order - Ceremony (1981)
Parce qu'aujourd'hui, c'est la fête.
10- The Specials - Ghost Town (1981)
Parce qu'on aimerait parfois que Paris soit une ville fantôme.
11- Syl Sylvain and The Teardrops - Formidable (1982)
Parce que c'est maman qui me l'a fait découvrir celle-là et que, comme son nom, l'indique, elle est formidable. Maman ou la chanson ? Les deux, mon capitaine.
12- Blue Orchids - Bad Education (1982)
Parce que je n'en ai pas eu, de mauvaise éducation (merci papa et maman) et parce que cette chanson est une des rares dont je suis heureux de garder en tête pendant plusieurs jours.
13-Talking Heads - Road To Nowhere (1985)
Parce qu'on y est tous, sur ce chemin vers nulle part. Mais c'est pas grave. Au moins, on n'est pas tous seuls.
14- The Smiths - There is a Light That Never Goes Out (1986)
Parce que "There is a light that never goes out", c'est la conclusion rêvée à toute chose.
15- The Field Mice - Sensitive (1989)
Parce que ce sont les plus belles guitares du monde.
16- Suede - Animal Nitrate (1993)
Parce que c'est la fin de ma période Top 50 et MTV et le début de ma période Bernard Lenoir, le commencement de beaucoup de choses.
17- The Divine Comedy - Tonight We Fly (1994)
Parce que cette chanson devrait passer dans toutes les soirées dignes de ce nom.
18- Pulp - Common People (1995)
Parce que moi aussi, par rapport à Jarvis Cocker, je suis un "common people".
19- Dominique A - Les Hauts Quartiers de Peine (1995)
Parce que j'ai longtemps erré dans ces quartiers mais je suis désormais guéri. Enfin, j'espère.
20- Katerine - Le Plus Beau Jour de ma vie (1996)
Parce qu'on voudrait tous qu'aujourd'hui soit le plus beau jour de notre vie. 
21- Belle & Sebastian - Get me away from here, I'm dying (1996)
Parce qu'il y a toujours des moments où on voudrait ne pas être là, être ailleurs.
22- Radiohead - No Surprises (1997)
Parce que ce disque a vingt ans et que ça sera éternellement celui de mes jeunes années.
23- Neutral Milk Hotel - In a Aeroplane Over The Sea (1998)
Parce que c'est beau à pleurer.
24- The Flaming Lips - Feeling Yourself Disintegrate (1999)
Parce que ce groupe chante la vie, l'amour et la mort, comme personne et parce que ce n'est jamais triste.
25- Daft Punk - One More Time (2001)
Parce qu'à part Daft Punk, Gorillaz et The Robots, le reste, c'est "du pipi de chat". C'est pas moi qui le dit, c'est ma Lulu...
26- The Czars - Killjoy (2001)
Parce que je le suis quelques fois, rabat-joie. Mais je me soigne.
27- Beth Gibbons & Rustin Man - Mysteries (2002)
En souvenir d'un magnifique concert, le jour de notre pacs, à maman et à moi. Des frissons.
28 - Franz Ferdinand - Take me out (2004)
Parce que Ferdinand, c'est le nom de mon petit loulou.
29- Arcade Fire - Neighborhood #1 (2004)
En souvenir d'un concert fabuleux, à l'énergie folle, au Nouveau Casino, en 2005, pendant lequel les Canadiens tapaient comme des fous sur tout ce qu'ils avaient à porter de main.
30- Gorillaz - Dare (2005)
Parce qu'à part Daft Punk, Gorillaz et The Robots, le reste, c'est "du pipi de chat". C'est pas moi qui le dit, c'est ma Lulu...
31- LCD Soundsystem - All My Friends (2007)
Parce que je n'ai pas d'amis - les amis Facebook, ça ne compte pas, hein ? - mais comme je ne suis pas en manque d'amour, ça n'est pas grave. Parce que ce groupe est une incroyable machine de guerre en concert.
32- of Montreal - Heimdalsgate like a Promethean Curse (2007)
Parce que les Kevin ne sont pas tous des beaufs...
33- Dead Man's Bones - My Body's a Zombie for You (2009)
Parce que Ryan Gosling, en plus d'être beau gosse et bon acteur, sait aussi écrire et chanter des bonnes chansons - bah oui, vous ne le saviez pas, hein ? Parce qu'il y aura toujours toi d'un côté et des Ryan Gosling, de l'autre.
34- Archie Bronson Outfit - Shark's Tooth (2010)
Parce qu'avec des dents de requin, plus rien ne peut nous arrêter, on peut tout bouffer...
35- Beach Fossils - Golden Age (2010)
Parce que même si c'était moins bien que The Feelies et qu'ils n'ont même pas joué ce morceau, on les a vus à Central Park...
36- Metronomy - The Bay (2011)
Peut-être pas ma préférée du groupe, mais rien que pour "papa, tu peux mettre "want-to-go" s'il te plait ?"...
37- Bertrand Belin - Un Déluge (2013)
Parce que ce type a la classe. Après lui, le déluge, donc.
38- Public Service Broadcasting - Everest (2013)
Parce qu'on aimerait tous monter tout en haut, au moins, une fois...
39- Future Islands - Seasons (2014)
Pour le formidable déhanché du chanteur et parce qu'on les verra enfin à la prochaine Route du Rock...
40- Timber Timbre - Hot Dreams (2014)
Parce que c'est le plus beau slow du monde.

30 juin 2017

Peter Perrett - How The West Was Won

Voici un gars dont on ne pensait déjà plus avoir de nouvelles avant sa mort. Peter Perrett, l'ancien leader de The Only Ones a toujours fait la même musique toute sa carrière. Un mélange de punk et de pop romantique agrémentée d'une voix délicieusement éraillée, timbre du parfait beautiful loser. Loser sans doute mais on a l'impression que le gars s'en fout. Un ancien punk marié à la même femme plus de 45 ans avec laquelle il a eu deux fils guitaristes qui jouent désormais avec lui sur ce nouvel album solo, voila qui n'est pas commun. En bon anglais un poil cynique, Perrett se moque gentiment de notre présupposée culture occidentale supérieure sur "How the west was won" ( la conquête de l'ouest en français en référence à un classique de John Ford) qui donne son titre à l'album. Cette culture qui a notamment engendré des inepties comme Kim Kardashian. Sur le morceau suivant, l'amour, le vrai reprend le dessus. "I'll always be your man. No one can't love me the way that you can. If I could live my whole life again, I'd choose you. Every time." En voilà une belle déclaration. Si le style est proche, on est bien loin de "Another girl, another planet", sa chanson la plus célèbre. Si le début de ce nouveau disque est assez enthousiasmant, ça s'essouffle quelque peu à mi-parcours. 
Vus les déboires que le chanteur a connu, sa lutte contre la drogue notamment, on ne lui en tient pas rigueur. On reste agréablement surpris de le retrouver aussi fringant, vingt ans après sa dernière production discographique et dix ans après une douteuse reformation de ses Only Ones. Parce que the only one, c'est bien lui seul. Preuve en est donc avec ce disque dont on espère déjà qu'il ne sera pas le dernier, vu le délai entre ses deux derniers albums. Go on, Peter !