11 octobre 2017

Ghostpoet - Dark Days + Canapés

Après King Gizzard and The Lizard Wizard, voici une autre musique dont je ne suis habituellement pas très amateur. Comme quoi, je suis aussi capable de m'ouvrir à d'autres styles que le sempiternel rock indépendant ou la pop à la française. Ghostpoet est le pseudo d'un chanteur londonien d'origine nigérianne, Obaro Ejimiwe. Je l'avais vu en concert, en première partie de Metronomy, à Edimbourg, au moment de la sortie de son premier album, en 2011. Déjà, à l'époque, j'avais plutôt apprécié son originalité. Le gaillard pratique une sorte de trip-hop assez glauque, un peu politique, et en cela proche de Massive Attack. Un membre de ces derniers, Daddy G, vient d'ailleurs faire une apparition sur "Woe is meee" - comme un renvoi d'ascenseur, après la participation de Ghostpoet au troublant titre "Come Near Me" de la mythique formation de Bristol.
Ce n'est pas vraiment chanté, plutôt parlé. Ce n'est pas vraiment mélodique, c'est plus l'ambiance et la rythmique qui prédominent. Les influences et les arrangements sont plus variés qu'il n'y paraît. Il y a même un tube en puissance, "Freakshow", au groove et au riff de guitare assez irrésistibles. Et puis il y a le magnifique "End times" qui vient conclure de la meilleure façon qui soit un bien beau disque.

5 octobre 2017

King Gizzard and The Lizard Wizard - Flying Microtonal Banana

Voilà un groupe dont je ne pouvais foncièrement pas passer à côté, déjà rien que pour le nom qu'on pourrait traduire par le Roi Gésier et le Lézard Magicien. Ensuite, parce qu'à l'instar de leur nom, les gars sont bien barrés et sortent en plus des disques à tire-larigot. Celui-ci est le premier des trois qu'ils ont déjà fait paraître en 2017 et ils ne comptent pas s'arrêter là puisqu'ils ont prévu cinq albums pour cette année. Et, en plus d'être ultra prolifiques, leurs disques ne se ressemblent pas. Pour "Flying microtonal Banana", ils - enfin, c'est surtout l'oeuvre du leader Stu McKenzie - ont décidé d'utiliser des instruments microtonaux, c'est-à-dire pour lesquels il existe moins d'un demi ton entre chaque note. Cette multitude de notes est beaucoup pratiquée dans la musique orientale. Mélangé à leur psyché garage rock, cela donne un son assez étonnant et inédit. Les Australiens sont en constante évolution et recherche, ce qui les rend, vu leur productivité, assez difficiles à suivre. Leurs influences sont pourtant clairement situées dans la musique de 1967 à 1975 environ, de la pop psychédélique (jetez donc une oreille à leur magnifique "Paper Maché Dream Balloon" sorti en 2015) au rock progressif en passant par le hard rock (Deep Purple, Black Sabbath ou Led Zeppelin).
Pas toujours ma came, donc, mais une démarche casse-gueule qui ne peut que laisser admiratif, d'autant que les petits gars ne sont pas manchots musicalement parlant. "Rattlesnake" et son riff terriblement addictif commence le disque de la manière façon qui soit. Les titres suivants sont sans doute moins évidents mais gardent une belle homogénéité en termes de style et de qualité. En plus, il paraît que sur scène ils sont excellents. Voilà donc l'une des formations rock les plus intéressantes du moment.

29 septembre 2017

Metronomy - festival Printemps Solidaire - Place de la Concorde, Paris - 17 septembre 2017

Metronomy était en concert gratuit un dimanche, place de la Concorde, à Paris, dans le cadre du festival Printemps Solidarité. Le printemps, en plein mois de septembre, il y en a qui n'ont pas le sens des saisons. Comme nous n'avions pu avoir les horaires de passage des différents groupes sur Internet, nous y sommes allés un peu au hasard, espérant que le concert de la troupe de Joseph Mount aurait lieu dans l'après-midi. Parce qu'en dehors de Metronomy, c'est peu dire que la programmation ne nous intéressait pas. 18h, les anglais passaient à une heure idéale, pas trop tard pour coucher les enfants et assez pour aller profiter un tout petit peu des journées du Patrimoine dans le quartier. Malheureusement, la pluie est venue se mêler à l'affaire. On n'allait pas pouvoir rester 45 minutes - on pensait qu'étant donné le nombre considérable de formations programmées, le concert serait nettement plus court - debout, à se faire tremper. Mais ça n'a pas duré.
À croire que l'électro-pop enjouée de Metronomy est capable de miracles. Je crois que c'est la première fois que nos loulous ont apprécié de la musique live. Il faut dire qu'ils connaissaient déjà bien beaucoup de morceaux, en tête desquels les irrésistibles "The Bay" et "Love Letters". Ce fut un vrai bon moment, capable de vous faire oublier tous les tracas quotidiens. Tous les tubes ont ainsi défilés : "Corinne", "I'm Aquarius" ou les singles du dernier "Summer 08" pour finir par "The Look". Metronomy ou la paix des familles... C'est particulièrement rare pour le souligner. Du coup, au retour, ma fille voulait se mettre à la guitare et mon fils au piano. Un miracle, vous dis-je.

28 septembre 2017

Luna - A Sentimental Education / A Place of Greater Safety

Une "éducation sentimentale" (Flaubert) et "A Place for a Greater Safety" (Hilary Mantel), voici le retour de Luna, le futur ex-groupe du classieux couple de bobos lettrés new-yorkais Dean Wareham et Britta Philips. Leur musique est toujours biberonnée au meilleur du rock du coin, le Velvet Underground évidemment, mais pas seulement. Le premier des disques susnommés est constitué uniquement de reprises de groupes familiers, mais les chansons le sont moins. Des reprises toutes réussies, de Dylan à Bowie en passant par Cure, Mercury Rev et j'en passe, le Velvet évidemment, mais soit celui sans Reed ni Cale, soit par le biais de la reprise d'un titre de Willie Loco Alexander, remplaçant dans les années 70 de Sterling Morrison, alors que plus personne ne s'intéressait la mythique formation. On savait que Luna n'avait pas son pareil pour s'approprier et faire sien la musique des autres. Comme si tous ces
morceaux avaient été écrits par Wareham lui-même. La reprise de "Sleepy City" des Stones est par exemple un pur bonheur, peut-être la meilleure du lot. L'autre sortie est plus courte, inédite et uniquement instrumentale. Elle n'en est pas moins intéressante, preuve qu'avec ou sans paroles, la musique de Luna peut encore enchanter malgré les années et le manque de renouvellement diront les mauvaises langues. Et puis, si le fond reste sensiblement le même, la forme - album de reprises et EP instrumental - diffère. Un excellent retour donc qui, s'il risque malheureusement de ne pas faire beaucoup parler, prouve, après un déjà excellent premier album solo en 2014, que Wareham en a encore sous le pied.

21 septembre 2017

Chad VanGaalen - Light Information

Voilà un chanteur à côté duquel j'étais toujours passé, jusqu'à ce "Light Information". Pourtant le gars n'en est pas à son premier disque. Mais dès le premier titre, "Mind Hijacker's Curse", difficile de résister. Il y a déjà tout : une mélodie qui file tout droit, comme une évidence et vous laisse scotché. Elle n'est pas facile pourtant, il n'y a pas de simples couplets, ponts, refrains, non c'est une chanson plus tordue qu'il n'y paraît, mais qui, mine de rien, vous amène où elle veut jusqu'à vous faire succomber, un peu malgré vous. Un type capable d'un tel exploit a forcément un potentiel supérieur à la moyenne. Et là, on se dit que le gars ne réussira pas à rééditer de sitôt la performance. Mais on se rend rapidement compte que le dénommé Chad n'en a cure, il part tout de suite ailleurs. Il fait ce qu'il veut, ce qu'il aime, trace sa route, et nous embarque avec, parce que même quand la mélodie se fait moins facile, plus insidieuse, c'est fait avec un tel naturel qu'on a confiance. Forcément. L'album passe ainsi, d'une trombe. 
Certains le rapprochent d'un Neil Young, mais la démarche n'est pas la même. L'illustre aîné n'a pas son pareil pour nous faire aimer des morceaux si évidents qu'ils seraient mièvres chez les autres. Chad, lui, nous fait paraître évident des chansons qui ne le sont pourtant pas. Et dire que j'étais passé à côté d'un tel phénomène...